VENDREDI 7 SEPTEMBRE

DARWIN / CASERNE NIEL
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BACHAR MAR-KHALIFÉ

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C’est en fouillant dans la discothèque familiale que Bachar Mar-Khalifé découvre, à l’adolescence, Escalay, The Water Wheel (1971) du Nubien Hamza El Din. Ce disque solo, d’un joueur de oud et chanteur méconnu en Europe, le transporte. « À la première écoute, on entend de la musique traditionnelle. Quand on écoute mieux, on entend les harmonies, la percussion et la basse, la transe, la puissance et l’infini. Et pour moi, c’est du rock. »

Né en 1929 dans la mythique Nubie, région du sud égyptien et du nord soudanais, Hamza El Din apprend le oud au Caire puis retourne dans sa communauté, avant la construction du barrage d’Assouan, pour collecter les musiques traditionnelles des populations de villages bientôt engloutis. En 1962, il émigre aux Etats-Unis où il jouit d’une grande popularité dans la scène folk et au delà (Grateful Dead, Steve Reich et Terry Riley..) jusqu’à son décès en 2006.

The Water Wheel s’ouvre par deux longues plages adaptées du morceau titre de l’album d’Hamza El Din qui évoque la récupération de l’eau du Nil par une roue actionnée de ses mains d’enfant. La profonde nostalgie d’une activité rendue inutile par la construction du barrage trouve chez Bachar un profond écho. Il y entend le souvenir d’un monde d’avant l’industrialisation, d’avant la pollution de l’eau, des sols et des esprits par les sociétés d’ultra consommation.

Hela Lisa, chant de batelier du Nil, est un autre morceau sauvé de l’oubli dans les années 60. Le titre et refrain ont un double sens. Ils se comprennent comme une exhortation au travail « ho-hisse », ou comme une invocation à Jésus / Issa pour son aide. Le refrain est martelé comme celui d’un work-song afro-américain où la rythmique sobre et claire accompagne une activité physique répétitive.

The Water Wheel – a tribute to Hamza El Din, est fidèle à l’ouverture d’esprit dont le musicien nubien a fait preuve à la fin de sa vie. Hamza El Din a créé son héritage en pratiquant le oud (instrument méconnu dans sa région) en solo alors que l’usage était à la pratique collective. Enregistré partiellement en prises live, l’album laisse la place à l’improvisation, et les morceaux longs et sans concessions aucunes, sont séquencés en parties.

D’une grande cohérence esthétique, l’album s’écoute comme une suite. On y retrouve, comme dans ses trois précédents opus, l’intensité émotionnelle du chant de Bachar, l’équilibre entre percussion et cordes ainsi que la place qu’il laisse au silence ; trois qualités partagées avec son héros musical, Hamza El Din. Moment de recueillement festif en vue à Climax !

 

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