CLIMAX 2019

L’AMAZONIE, OU LE DERACINEMENT DU MONDE

« Ya pihi irakema », c’est en ces termes que les indiens Yanonami expriment leur amour. « Une partie de toi vit et grandit en moi », quelle meilleure déclaration pour annoncer la mobilisation de CLIMAX, autour de l’Amazonie, en 2019 ?

Partout sur Terre, il est des lieux où le chant de la vie s’éteint sous le vacarme des machines et la folie assourdissante des hommes ; la destruction de l’Amazonie et des forêts primaires en est l’écho sourd : la déforestation fait rage, les pollutions se multiplient, la biodiversité s’effondre, emportant dans sa chute les tribus natives avec qui elle partage un destin commun.

L’Amazonie, le poumon vert de la planète – avec les océans, le poumon bleu, essentiel à la production d’oxygène, véritable creuset de biodiversité, s’apprête à être saccagé encore plus profondément qu’il ne l’est déjà. 

Les premières mesures du nouveau président brésilien Jair Bolsonaro témoignent d’un aveuglement certain : annulation de la COP 25 au Brésil, fusion des Ministères de l’environnement et de l’agriculture proche du lobby agro-alimentaire, nomination d’un climatosceptique au Ministère des affaires étrangères, décision de réduire drastiquement les aires protégées réservées aux peuples autochtones, alignement avec les politiques rétrogrades de l’administration Trump et volonté affichée de s’y lier économiquement et militairement, prouvant que nationalisme ne se conjugue pas avec l’écologisme. 

Cependant, le libéralisme caractéristique des sociétés modernes et sa fuite en avant n’est pas en reste autant dans la responsabilité, que dans la poursuite de la dynamique qui nous préoccupe ici, notamment en Guyane française.

Au global et quelque soit leur couleur politique, toutes les organisations économiques basées sur l’idéologie d’une croissance infinie se heurtent aux limites des écosystèmes, au changement climatique, et donc à la finitude du monde. Le déracinement est omniprésent, dans l’arrachement des arbres et des peuples premiers, dans la virtualité des existences qui pensaient trouver un réconfort dans la complexification de nos sociétés occidentales, comme dans le repli nationaliste.

Comme un espoir, de nombreuses coalitions d’autochtones, d’activistes, de professionnels du droits, d’élus locaux s’organisent pour lutter contre cette situation mortifère et inventer d’autres organisations, économies et sociétés plus durables.

Cette réalité démontre l’urgence absolue à constituer un archipel des consciences qui dépasserait nos intérêts locaux et particuliers afin d’incarner un contre-pouvoir citoyen, réflexif et actif à toutes les échelles. En 2019, comme une réponse à notre arrachement collectif, la 5ème éditions du festival CLIMAX, sur le thème de “L’Amazonie, ou le déracinement du monde”, la caserne Niel tissera mille liens entre les cultures et les luttes communes : avec les peuples autochtones, les espèces et les écosystèmes qu’ils défendent, constituant ainsi la vaste toile qu’est le vivant, dans son unicité et sa diversité, un-ensemble.

Nous vous invitons à vous joindre à nous, les 6, 7 et 8 septembre 2019, pour ces trois journées de célébration de l’Amazonie, de toutes les forêts du monde, de leurs peuples et leur biodiversité à travers des concerts, des conférences et les prises de parole de nos grands témoins.

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